Cinq jeux vidéo qui se terminent en un week-end
Les jeux de 80 heures ont fait des jeux courts une catégorie à part — et souvent la plus réussie. Cinq propositions qui se finissent, et le bénéfice qu’il y a à finir.
Le jeu vidéo a longtemps vendu sa valeur au temps de jeu : cent heures pour soixante euros, le calcul paraissait imparable. Il a produit un effet secondaire massif — des bibliothèques pleines de jeux jamais terminés, et une culpabilité diffuse à chaque nouvel achat.
Les jeux courts, entre quatre et dix heures, sont souvent les mieux écrits, les mieux rythmés et les seuls qu’on termine réellement.
Ce que permet le format court
Un jeu de six heures ne peut pas se permettre de remplissage. Pas de carte à cocher, pas de collecte pour allonger la durée, pas de trente premières minutes qui « démarrent lentement ». Chaque séquence doit justifier sa présence.
C’est exactement le même phénomène que pour les mini-séries : la contrainte de format améliore l’écriture.
Cinq catégories qui fonctionnent
1. Le jeu narratif à la première personne
On explore un lieu, on reconstitue une histoire à partir de ce qu’on trouve. Peu ou pas de mécaniques d’action : la progression est celle de la compréhension.
Durée : 3 à 5 heures. Pour qui : ceux qui aiment les récits et n’ont pas d’habitude manette.
2. Le jeu de plateforme à idée unique
Une mécanique originale, déclinée pendant quelques heures jusqu’à épuisement de ses possibilités, puis le générique. C’est la forme la plus proche d’une nouvelle littéraire.
Durée : 4 à 8 heures. Pour qui : ceux qui veulent un défi mesuré et une progression nette.
3. Le jeu d’enquête
Des indices, des déductions, un carnet. Certains ne vous disent même pas si votre conclusion est juste, ce qui est plus proche de la vraie enquête.
Durée : 6 à 10 heures. Pour qui : les amateurs de romans policiers.
4. Le jeu de réflexion
Une règle simple, une complexité croissante. Ces jeux se jouent aussi bien par sessions de vingt minutes que d’une traite.
Durée : 5 à 12 heures. Pour qui : tout le monde, et particulièrement ceux qui jouent le soir en semaine.
5. Le jeu d’ambiance sans échec possible
Pas de mort, pas de score, pas de contrainte de temps. On avance dans un univers, on observe, on interagit.
Durée : 2 à 4 heures. Pour qui : ceux qui veulent une expérience apaisante, et un excellent point d’entrée pour quelqu’un qui ne joue pas.
Le vrai bénéfice : terminer
Terminer un jeu produit quelque chose que l’abandon ne produit jamais : une expérience complète, avec une fin, dont on peut parler.
Il y a aussi un effet moins attendu. Une bibliothèque de jeux non terminés pèse : chaque nouvel achat s’ajoute à une dette. Finir un jeu court remet le compteur à zéro et redonne envie de commencer le suivant.
Où les trouver
- Les soldes saisonnières des boutiques en ligne, où les jeux courts descendent souvent sous les 10 € ;
- les catalogues d’abonnement, particulièrement adaptés : essayer un jeu de cinq heures ne coûte rien ;
- les collections indépendantes, où la production de jeux courts est la plus dynamique.
Un format pour les adultes
C’est peut-être là l’essentiel : un jeu de six heures se termine en trois soirées. Il tient dans une vie où l’on a un travail, des enfants et deux heures de temps libre par jour.
Les jeux de cent heures s’adressent à un temps de loisir que la plupart des gens n’ont plus.
L’auteur
Thomas Ferrand
Thomas passe beaucoup de temps devant des écrans, pour de bonnes raisons. Il défend les recommandations argumentées : dire pourquoi un film mérite une soirée, et à qui il ne plaira pas.
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